Sommaire
Les droits aux congés payés dès le début du contrat intérim
Tout salarié intérimaire ouvre des droits à congés payés dès sa prise de poste, sans délai d’attente, quelle que soit la durée du contrat de mission. À l’issue de chaque mission, une indemnité compensatrice de congés payés est versée. Son montant représente au minimum 10 % de la rémunération brute perçue, en plus de l’indemnité de fin de mission prévue par le Code du travail.
Ce mécanisme vaut pour toutes les missions, qu’elles soient longues, courtes ou ponctuelles, indépendamment du secteur d’activité. Pour approfondir le cadre applicable au travail temporaire, consultez notre page dédiée : congés payés intérim.

2,5 Jours de congés par mois dès le 1er jour de mission
En travail temporaire, le salarié temporaire acquiert 2,5 jours de congés par mois de travail, soit l’équivalent de 5 semaines de congés payés sur une année complète. Les droits sont calculés au prorata du temps de travail réellement effectué.
- Acquisition immédiate : des jours de congés payés sont acquis dès le premier jour, même pour une intervention de très courte durée.
- Calcul proportionnel : un mois complet correspond à 151,67 heures; sur deux semaines de mission, on obtient environ 1,25 jour de congé payé.
- Missions courtes incluses : même quelques heures suffisent à générer des droits, ensuite compensés par l’indemnité de fin de mission dédiée aux congés.
- Suivi sécurisé : les droits acquis sont pris en compte à chaque fin de contrat, sans perte entre deux affectations.
Dans les faits, il est rare qu’un intérimaire pose ses congés pendant l’exécution de la mission. L’organisation de l’entreprise utilisatrice et la brièveté des contrats conduisent le plus souvent à un versement compensatoire. Cette logique couvre les droits non pris et s’articule avec le traitement des jours fériés selon les conditions propres à chaque mission.
Les absences assimilées à du travail effectif
Certaines périodes d’absence continuent d’alimenter les droits à congés payés en début de contrat intérim. Juridiquement, elles sont assimilées à du temps de travail effectif.
- Maternité et adoption : ces périodes sont intégralement retenues pour le calcul des droits à congés.
- Accident du travail et maladie professionnelle : les arrêts correspondants sont pris en compte dans la limite légale applicable.
- Service national : certaines périodes de rappel ouvrent également des droits.
- Traçabilité : le suivi figure sur le bulletin de paie, ce qui permet de contrôler les droits acquis mission après mission.
En pratique, lorsqu’une mission se termine, les droits non utilisés sont liquidés et versés. Ils ne sont pas transférés vers un nouveau contrat sous forme de solde à poser : l’indemnité compensatrice de congés payés les clôture, y compris en cas de changement d’agence ou d’entreprise utilisatrice.
Les congés exceptionnels pour événements familiaux du salarié intérimaire
Le salarié intérimaire bénéficie aussi des autorisations d’absence pour événements familiaux prévues par la loi. On retrouve notamment la naissance ou l’adoption avec 3 jours ouvrés, le mariage avec 4 jours, le décès d’un enfant avec 5 jours, ainsi que le décès du conjoint ou d’un parent avec 3 jours. La demande doit être adressée à l’agence, justificatif à l’appui.
Pour sécuriser la gestion, mieux vaut transmettre rapidement sa demande de congés et vérifier les mentions portées sur le bulletin de paie.
Quand et comment sont payés les congés en intérim
En intérim, le versement des congés ne repose pas sur une demande du salarié intérimaire. Le dispositif est automatique. C’est l’ agence, en tant qu’employeur légal de l’ intérimaire, qui gère le paiement de l’ indemnité compensatrice de congés payés et son intégration au bulletin de paie.

Versement automatique de l’ICCP à la fin du contrat d’intérim
La question quand sont payés les congés payés en intérim appelle une réponse claire : ils sont versés à la fin de chaque mission effectuée, en même temps que le dernier salaire. Aucune formalité n’est exigée. Cette rémunération complémentaire apparaît obligatoirement sur le dernier bulletin de paie et sur le solde de tout compte.
Cette indemnité est soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, comme un élément classique du salaire. Même en cas de rupture anticipée du contrat d’intérim, le montant reste dû au prorata du temps travaillé.
Débloquer congés payés intérim : calcul, conditions et prise effective
Pour débloquer congés payés intérim sous forme de repos réel pendant une mission, il faut obtenir un accord conjoint de l’ agence et de l’ entreprise utilisatrice. Cette possibilité existe, mais elle reste encadrée. En pratique, l’ICCP est le plus souvent versée plutôt que transformée en absence.
Son calcul suit une règle simple : 10 % × (salaire brut + IFM). La base retenue comprend, dans la plupart des cas, la rémunération brute, les primes et les heures supplémentaires, ainsi que l’indemnité de fin de mission. En revanche, les frais professionnels et les primes de fin d’année sont exclus. Si l’intérimaire a pu prendre des jours de repos au cours de la mission, ils sont déduits du montant final, selon une base de 30 jours ouvrables par an.
CET et gestion des congés pendant les missions
Le Compte Épargne Temps peut constituer une solution pertinente pour certains profils. Il permet au salarié intérimaire d’y placer tout ou partie de son indemnité, avec un taux d’intérêt annuel de 5 %, afin de différer son utilisation. Le dispositif convient particulièrement aux professionnels qui enchaînent plusieurs missions courtes et souhaitent lisser leur trésorerie ou constituer une épargne.
Pour approfondir l’impact de ces éléments sur le net perçu, consultez notre guide : congés payés intérim.
Comparaison des congés payés intérim versus CDI intérimaire
Dans le secteur du travail temporaire, deux cadres coexistent : le contrat de mission classique et le CDI intérimaire. Les règles de congés, d’ indemnité et de rémunération n’y répondent pas à la même logique. Bien comprendre ces écarts permet à chaque intérimaire, ou salarié intérimaire, d’arbitrer entre revenu immédiat et stabilité dans le temps.

Rémunération globale payée en contrat temporaire avec l’ICCP
En congés payés contrat temporaire, le mécanisme est clair : les droits sont, en pratique, le plus souvent compensés financièrement, plutôt que réellement pris pendant les missions. Pour un salaire brut mensuel de 1 823,03 €, sur une base de 35 heures par semaine au SMIC 2026, l’IFM représente 182,30 € et l’ICCP atteint environ 200,53 €. La rémunération brute globale s’élève ainsi à 2 205,86 €, soit plus de 20 % au-dessus d’un CDI comparable.
À cela s’ajoute le principe d’égalité de traitement : dès le début du contrat de mission, l’ intérimaire doit percevoir un salaire de base équivalent à celui des salariés permanents placés dans une situation comparable, avec les mêmes primes et avantages liés aux périodes de vacances. Pour une vision plus large des leviers financiers du statut, consultez notre article sur les congés payés intérim.
| Critère | Intérim classique | CDI intérimaire (CDI-I) |
| Indemnité compensatrice (ICCP) | 10 % du salaire brut + IFM, versée en fin de mission | Non applicable, congés pris annuellement |
| Indemnité de fin de mission (IFM) | 10 % du salaire brut, versée automatiquement | Non versée |
| Acquisition des congés | 2,5 jours par mois travaillé, au prorata | 2,5 jours par mois, périodes d’intermission incluses |
| Rémunération minimale entre missions | Non garantie | Au moins égale au SMIC |
| Prise effective des congés | Rare, ICCP versée à la place | Annuelle, entre le 1er mai et le 31 octobre |
Le régime spécifique des congés en CDI intérimaire
Les congés payés intérim CDI relèvent, eux, d’un fonctionnement plus proche du droit commun. Ici, pas d’ICCP en fin d’affectation : les droits sont acquis, puis pris selon un calendrier défini avec l’ agence. Le dispositif est encadré par l’accord du 11 mars 2022 : consultez les dispositions conventionnelles sur les congés payés intérim CDI.
- Intermissions assimilées : les périodes entre deux missions sont intégrées au temps de travail de référence, ce qui permet de continuer à acquérir des droits à congés.
- Fractionnement possible : lorsque le congé principal dépasse 12 jours ouvrables, il peut être fractionné avec l’accord du salarié intérimaire. Une fraction continue d’au moins 12 jours doit alors être prise pendant la période de référence.
- Calcul de l’indemnité : en CDI-I, l’ indemnité de congés payés correspond à 1/10 du salaire brut total perçu sur la période de référence. Elle ne peut pas être inférieure à la rémunération qui aurait été due si le salarié avait travaillé pendant ces jours.
Le CDI intérimaire sécurise davantage le parcours professionnel : la rémunération minimale entre deux missions est garantie, y compris hors affectation. En contrepartie, le salarié ne perçoit ni IFM ni ICCP, alors même que ces sommes, en intérim classique, majorent sensiblement le revenu payé à la fin de la mission. La complémentaire santé collective devient, en outre, obligatoire à partir de 414 heures cumulées, ce qui renforce la protection sociale.
Si l’objectif est de bénéficier d’un supplément de revenu immédiat, le régime classique reste attractif. Si la priorité porte sur la continuité d’activité, avec des droits plus lisibles, des congés réellement posés et une couverture plus stable, le CDI intérimaire présente un cadre plus sécurisant.
Foire aux questions
Comment se passent les congés payés en intérim ?
En intérim, les congés sont, en pratique, le plus souvent compensés financièrement plutôt que réellement pris pendant les missions. Le fonctionnement est simple : à la fin de chaque contrat de mission, l’ intérimaire reçoit une indemnité compensatrice de congés payés, versée avec le dernier salaire, sans formalité particulière. Cette somme doit apparaître sur le bulletin de paie et correspond au minimum à 10 % de la rémunération brute totale, indemnité de fin de mission incluse.
Il reste néanmoins possible de prendre des congés pendant la mission. Cela suppose un accord entre l’ agence d’ intérim et l’ entreprise utilisatrice.
Quel est le montant des congés payés versé en fin de mission d’intérim ?
En fin de mission, l’indemnité compensatrice correspond au minimum à 10 % de la rémunération brute totale perçue. L’assiette comprend le salaire de base, les heures supplémentaires ainsi que l’indemnité de fin de mission. Ce mécanisme compense le droit à 2,5 jours acquis par mois travaillé, même lorsque le salarié n’a pas pu effectivement prendre des congés.
Exemple concret : pour un intérimaire à 35 heures par semaine au SMIC 2026, avec un salaire brut mensuel de 1 823,03 €, l’indemnité de fin de mission atteint 182,30 €. L’indemnité de congés payés s’élève alors à environ 200,53 €, pour une somme totale brute de 2 205,86 €.
Cette indemnité est soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu.
Un intérimaire a-t-il droit aux jours fériés comme les autres salariés ?
Oui. Un intérimaire bénéficie des jours fériés dans les mêmes conditions qu’un salarié permanent de l’ entreprise utilisatrice. Si le contrat de mission couvre un jour férié non travaillé dans l’entreprise, le salarié conserve en principe sa rémunération, sans retenue sur le salaire, conformément au principe d’égalité de traitement.
Les jours fériés payés n’empêchent pas le versement de l’indemnisation liée aux congés.